CHRISTELLE AUBIGNAC
Psychologue clinicienne à Limoges

Cabinet au 34 rue Pétiniaud Dubos, 87000 Limoges

 

Maison de santé 17 rue de la Gane 19220 Saint Privat 

06 83 27 08 47

Quand une vieille maison familiale donne une leçon d’équilibre psychique

Ou comment retrouver l’équilibre émotionnel lorsque l’anxiété nous envahit

L’équilibre, une écologie intérieure

En consultation, je parle régulièrement d’EQUILIBRE.

Très souvent, mes patients évoquent ce qui les met à mal, les malmène, les perturbe, et espèrent pouvoir aller mieux en supprimant un trait de caractère, un comportement, une sensibilité qui les gênent au quotidien.

 

Beaucoup de personnes arrivent en thérapie avec l’espoir qu’aller mieux signifierait ne plus être touché, ne plus souffrir, ne plus être atteint par ce qui fait mal.

Or, être vivant, c’est être traversé par des épreuves, par des pertes, par des bouleversements, par des émotions parfois intenses.

L’équilibre psychique ne consiste donc pas à supprimer la souffrance, mais à pouvoir la rencontrer, l’accepter, sans qu’elle n’envahisse tout l’espace intérieur.

 

Identifier et reconnaitre ce qui fait mal ne veut pas dire s’y complaire ou s’y piéger : c’est lui redonner sa juste place dans la vie, afin qu’il ne prenne pas toute la place ; c’est mettre en œuvre sa capacité d’ajustement.

 

Je les aide à prendre conscience que leurs ressources psychologiques ne sont pas inépuisables, et que rechercher un meilleur équilibre psychique est un premier pas primordial : il ne s’agit pas de supprimer mais de rééquilibrer, de faire de la place à ce qui les soutient, à ce qui leur fait du bien, afin de mieux faire face à ce qui les perturbe et les gêne.

 

Mettre en place des actions pour se ressourcer, se faire du bien (sport, nature, sorties, petits bonheurs quotidiens…) constitue la base de cet équilibre si précieux.

Ce que l’on bloque remonte ailleurs

Cette recherche de l’équilibre est aussi primordiale pour moi, et elle se manifeste parfois de façon inattendue. Et il arrive que les lieux nous enseignent plus que les livres de Psycho !

 

Depuis quelques temps, je me suis installée dans la maison familiale datant de 1900 : une maison ouverte seulement pendant les vacances depuis 20 ans, et qui avait trouvé son propre rythme, en l’absence d’une présence continue.

 

Et en vivant dans cette maison, un problème déjà identifié, a pris toute la place pour moi : l’humidité. Entre des remontées capillaires dans les murs en pierres, une fissure extérieure, de la mousse dans le jardin et des pluies incessantes, je me suis vite focalisée sur ce problème, qui pourrait mettre en risque la maison à terme. Et l’anxiété était très présente dans ces moments-là, voire envahissante : tension, réveil la nuit avec des ruminations, des inquiétudes, de la fatigue mentale…

 

Premier réflexe : comment arrêter cette eau ? Puis la prise de conscience que l’eau circule, comme notre énergie psychique, et que rien ne pourrait la bloquer. Les solutions brutales (bloquer, injecter, recouvrir) ne feraient pas disparaitre le problème, et l’eau serait toujours là.

 

C’est comme une émotion : chercher à la bloquer, à la contenir sans l’écouter, ne l’annule pas. Elle se transforme et trouve une autre issue pour s’exprimer (tension corporelle, irritabilité, fatigue…). En Psychologie, nous rencontrons fréquemment ces manifestations, qui ne sont pas des défaillances individuelles mais plutôt des mouvements naturels d’un système qui tente de trouver une voie d’expression. Car le symptôme (comme les remontées capillaires dans les murs ou la mousse dans la pelouse) est un signal avant tout.

Traiter la cause plutôt que masquer le symptôme

Dans le cas de ma maison, assécher les murs ne suffirait pas. J’ai alors cherché à comprendre quelles pouvaient être les sources du problème : le réseau d’écoulement des eaux, les sources sous la maison, l’eau venant de la route, …

 

En analysant ainsi, des pistes plus efficaces sont apparues : refaire le réseau d’écoulement des eaux, installer des drains autour de la maison, afin que l’eau soit encouragée à circuler ailleurs que sous les murs de la maison. Rien n’a été supprimé, mais des actions ont été mises en place pour redonner une régulation plus saine.

 

C’est la même chose dans l’accompagnement de mes patients : plutôt que de vouloir avant tout supprimer une anxiété, un épuisement, une perte de sens…, nous explorons leur histoire, leurs singularités, leur vision du monde, leurs croyances et loyautés familiales, leur environnement, leurs relations. Nous cherchons ensemble ce qui a pu perturber l’équilibre. Et quelles sont les ressources du patient pour gérer ces moments d’anxiété : faire une marche en forêt, jardiner, faire du sport, sortir entre amis, lire, faire un exercice de respiration…

Habiter plutôt que maitriser

Chercher l’équilibre, c’est surtout respecter ce que l’on est en tant qu’être humain.

Ma maison a besoin que l’air circule, de la chaleur d’un feu, de matières vivantes comme le bois et la pierre. L’être humain aussi a besoin de parler, de se mouvoir, de lien avec les autres, autant de circulation des flux nécessaire à nos vies, au fait de se respecter en tant qu’individu, sans se laisser bloquer par les contraintes, les peurs, les pertes.

 

Mon objectif n’est pas d’avoir une maison sèche : ce ne serait pas respecter sa nature, son terrain, le climat. Je vise surtout sa stabilité dans le temps.

Pour mes patients, c’est la même chose : une vie sans stress, sans anxiété, sans difficulté ou imprévus n’est pas l’objectif. C’est la capacité à intégrer, transformer, réguler, de manière cohérente et respectueuse de soi.

 

Réhabiliter une maison ancienne, qui plus est familiale, nécessite une posture d’observation, d’action sur mesure, en respectant ce qui était là bien longtemps avant moi.

Pour mes patients, c’est conforme à ma vision de leur accompagnement : comment comprendre leur écosystème, comment l’habiter de manière équilibrée.

 

L’équilibre n’est pas une recherche de performance, c’est une relation en prise continue avec le réel, et c’est peut être cela finalement, habiter une maison, une histoire, une vie.

« La vie n’est pas un état statique ; elle est un processus d’équilibre dynamique » CG JUNG


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