Vous avez pris rendez-vous avec la psychologue … et maintenant vous hésitez ?
Certains patients, lorsqu’ils franchissent la porte de mon cabinet, expriment leur stress, leur inquiétude, ou encore leur doute d’avoir des choses à dire lors de cette première séance.
D’autres annulent le rendez vous pris depuis des semaines, à un ou 2 jours de l’échéance, et à chaque fois je me demande ce qui les a fait changer d’avis.
Une fois, par message, une patiente m’a clairement exprimé son angoisse à l’idée de venir rencontrer un professionnel, et je l’ai remerciée de son geste en lui expliquant que prendre rendez-vous avec un psychologue n’est jamais un geste anodin, qu’elle pourrait revenir vers moi quand elle se sentirait prête.
Souvent, la décision de prendre rdv avec un psychologue arrive après un temps de réflexion, parfois long, ou lors d’un moment de mal être particulièrement important. Quelque chose en vous a reconnu qu’il était temps de ne plus rester seul avec ce qui se vit intérieurement.
Puis le rendez-vous est posé.
Et, à l’approche du jour J… quelque chose change.
Une hésitation apparaît. Une tension, parfois. Une petite voix qui dit : “Finalement, est-ce que j’en ai vraiment besoin ?”, « je me sens mieux maintenant ». Ou encore : “Je ne sais pas quoi dire… peut-être vaut-il mieux annuler.”
Pourquoi est-ce si difficile de venir au 1er rendez vous ?
Consulter un psychologue, ce n’est pas seulement “parler”.
C’est s’approcher d’une part de soi que l’on a parfois évitée, contenue, ou tenue à distance. C’est accepter, au moins un peu, de ne pas tout maîtriser. C’est entrer dans un espace inconnu, face à un inconnu.
En comprenant cela, il est normal que quelque chose en vous puisse chercher à vous freiner. Ce n’est pas un manque de motivation. Ce n’est pas un “échec”.
C’est souvent une forme de protection.
Ce qui peut se jouer juste avant le premier rendez-vous
Les peurs et freins possibles avant cette première séance sont de plusieurs sortes :
- une peur d’être jugé ou mal compris
- la crainte de ne pas savoir quoi dire
- l’impression que “ce n’est pas si grave finalement”
- la peur d’être submergé par ses émotions
- ou simplement… une grande appréhension de l’inconnu
Il peut aussi y avoir une ambivalence : une partie de vous veut que les choses changent, tandis qu’une autre préfère rester dans ce qu’elle connaît déjà.
Ces mouvements sont normaux. Ils font partie du processus.
Concrètement, comment se passe la première séance ?
Ce n’est pas un interrogatoire. Ce n’est pas un moment où il faudrait tout dire, tout de suite.
C’est avant tout une rencontre.
Vous pouvez parler librement… chercher vos mots…ou même dire que vous ne savez pas quoi dire.
Vous pouvez exprimer vos émotions : il y a une boité de mouchoirs à disposition, elle est là pour être utilisée ! Cet espace est un endroit protecteur pour vous, où vous pouvez laisser les émotions sortir, sans crainte de jugement ou de reproche, en toute confidentialité. Les pleurs, les rires, les peurs… ont leur place ici.
Le rythme sera aussi le vôtre. Il n’y a pas d’objectif à atteindre, ni une méthode rigide à respecter.
Le premier rendez-vous peut simplement être un temps pour :
- faire connaissance
- poser ce qui est là, comme cela vient , dans le désordre
- sentir si vous vous sentez suffisamment en confiance
J’ai pour habitude de donner des « autorisations » au patient : celle de me poser des questions, celle de choisir de ne pas répondre à certaines questions, celle de me dire si à l’issue de la première rencontre, il se sent à l’aise ou non, voire s’il préfère que je l’oriente vers un autre psychologue.
Rien ne vous engage à aller plus loin si cela ne vous convient pas.
Et si vous hésitez à venir…
Peut-être que vous pouvez simplement garder ceci en tête :
- vous pouvez venir même avec vos doutes : nous pourrons échanger ensemble et évaluer ce qui sera le plus confortable pour vous pour la suite
- vous n’avez pas besoin d’être “prêt” : venez en étant vous-même, tout simplement
- vous avez le droit de ne pas tout dire
- vous pouvez dire que vous êtes stressé
- vous pouvez même dire que vous avez failli annuler
Il n’y a pas d’attente de performance ici.
Parfois, venir suffit déjà
Il arrive que le plus difficile ne soit pas de parler, mais simplement de franchir la porte.
Faire ce pas, même incertain, même imparfait, c’est déjà quelque chose d’important.
Et cela peut être le début d’un mouvement différent.
Si vous avez pris rendez-vous et que vous hésitez encore, peut-être que vous pouvez simplement venir… et voir ce qui se passe.
Sans obligation. À votre rythme.

